Les 7 bonnes raisons de jouer aux jeux vidéo à expliquer à votre patron

Vous aimez passer vos soirées sur Starcraft, Assassin’s Creed ou autre Final Fantasy et vous avez un peu honte de parler à votre Boss de votre passion pour les jeux vidéo ? Vous ne devriez pas, au contraire ! Expliquez-lui combien de bonnes raisons il a de vouloir que vous jouiez…

Le jeu vidéo se démocratise

L’arrivée des casual games et des jeux sur mobile ont largement contribué à démocratiser l’activité vidéoludique, précédemment réservée aux hard core gamers. Là où World of Wordcraft comptait 12 millions de joueurs actifs à son apogée en 2010 (ce qui fait de lui l’un des plus gros blockbusters de tous les temps dans la catégorie hard core), la même année FarmVille (Zynga) se vantait de ses 75 millions de joueurs actifs tous les mois.

Si ça se trouve, donc, en 2014 votre employeur ne dédaigne pas de faire un petit détour par Angry Birds pendant le petit déjeuner (50 millions de joueurs par jour) ou de se faire une petite partie de Candy Crush Saga (93 millions de joueurs par jour !) en douce entre une réunion et l’autre.

Mais il y a bien plus que l’amusement…

Au-delà de permettre de se changer les idées, avantage propre à toute activité récréative comme lire un bon livre ou faire du vélo entre amis, le jeu vidéo permet bien d’autres apprentissages à valeur ajoutée pour vous-même et pour votre Boss. En voici une petite liste, probablement non exhaustive.

1. La compréhension des règles

Tout jeu (vidéo ou pas, d’ailleurs) repose par définition sur un système de règles, plus ou moins complexe et articulé. Il se trouve que tout travail obéit également à un système de règles, voire à plusieurs systèmes de règles en même temps (celles liées au métier proprement dit, celles imposées par la société dans laquelle la personne travaille, et souvent également à un système de règles plus ou moins non-dites de type « on ne dit pas ceci », « il faut faire comme ça », que l’on apprend sur le tas). La capacité à s’approprier rapidement un système de règles complexes, qu’il faut comprendre, mémoriser et savoir appliquer à bon escient est donc un atout considérable dans la plupart des jobs du marché et cette gymnastique mentale vous l’avez apprise grâce aux jeux.

2. L’endurance et la persévérance

Un bon jeu vidéo est un jeu vidéo qui nous « accroche » mais dans lequel on ne gagne pas tout de suite : en effet, sans de challenge à relever le jeu serait surement très ennuyeux. L’échec et les tentatives répétées pour réussir ses tâches (qu’il s’agisse de passer le niveau 152 de Candy Crush Saga ou de battre le score de son meilleur ami à Guitar Hero sur un morceau des Guns N’ Roses) font partie intégrante de l’univers du jeu. Réussir signifie être persévérant, ne jamais baisser les bras, endurer les coups durs, encaisser les défaites et se relever pour aller de l’avant. Toujours.

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source : ign.com

Savoir se nourrir de défis à moyen, voire à long terme au lieu d’attendre une récompense immédiate est surement une prérogative importante dans le contexte professionnel, dans lequel les efforts ne payent que très peu à court terme. Votre Boss sera ravi de savoir que vous avez la fibre pour traverser les difficultés du travail et persévérer jusqu’à la réussite de vos missions.

3. La confiance en soi

Dans le monde du travail il n’est pas rare de rencontrer des personnes compétentes, brillantes et efficaces mais trop « effacées » et incapables de défendre leurs points de vue lors de réunions projet houleuses ou face à des concurrents aguerris et sans scrupules. Dans un monde professionnel  où le « chacun pour soi » compte souvent plus que le « tous pour un et un pour tous » si on n’a pas confiance en soi-même on sera vite dépassé par les évènements. Etre certain d’être dans le « vrai », d’avoir des bonnes solutions et des bonnes idées, être capable de défendre son point de vue et être persuadé d’avoir toutes les compétences requises pour réussir sont des caractéristiques indispensables dans bien des métiers. Lorsqu’on prépare ses troupes au combat dans Starcraft, on est forcément persuadés qu’on a choisi la meilleure espèce et bâti la meilleure stratégie de conquête possible, sinon autant choisir une autre façon de passer son temps libre… « Je n’y arriverai jamais » n’est pas une phrase courante dans la bouche d’un joueur de jeu vidéo. Mieux encore : pouvoir expérimenter nos stratégies et nos choix permet de consolider nos connaissances par l’expérimentation terrain (même si le terrain n’est que « virtuel ») et donc d’affirmer, preuves à l’appui (nos victoires successives), nos connaissances. Ces processus entraînent ainsi une amélioration de la confiance en soi, ce qui ne peut qu’avoir des retombées bénéfiques dans le domaine professionnel.

4. L’analyse, l’organisation et la planification

Dans beaucoup de jeux il ne suffit pas d’avoir un personnage/des troupes compétent(es)/bien armé(es) et d’être sûr d’être le meilleur. Dans beaucoup de jeux de stratégie en premier lieu mais également dans beaucoup de jeux de sport ou de quête la capacité à analyser la situation, planifier une stratégie d’action et manager (des ressources, des troupes, des biens, des actions…) est le secret du succès ou de l’échec d’une partie. Et bien évidemment dans le travail les problématiques sont assez similaires… On n’a peut-être pas de l’infanterie et des munitions à disposition (pourtant face à certains interlocuteurs parfois on en aurait bien envie…) mais les membres d’une équipe sont tout de même des ressources, tout comme le temps et les moyens techniques à disposition pour attendre une cible (livrer son boulot dans les délais impartis par le client par exemple). Dans certains projets les capacités organisationnelles sont même plus critiques que celles techniques car notamment lorsque le travail est complexe et le nombre de personnes impliquées important le moindre pépin non anticipé ou le moindre virage mal négocié peuvent couter très chers… Et peuvent vous faire perdre la partie, pardon, le client.

5. La collaboration et l’esprit d’équipe

Avoir confiance en soi-même est une base incontournable, mais cela ne veut pas dire tenter de piétiner tout le monde. Dans beaucoup de jeux vidéo, la notion de groupe, d’équipe, voire d’alliance pèse fort lourd dans les chances de gagner une partie. Vous pouvez jouer avec le Brésil à PES2013, si vous ne maitrisez pas les finesses de la tactique de jeu et de l’organisation des joueurs sur le terrain vous perdrez même face aux Iles Féroé. Dans Left4Dead, un jeu de survie à 4 joueurs dans une ville infestée de zombie, les joueurs sont obligés de travailler en équipe : la non-coopération entrainant très souvent l’échec pour tous. On apprend très vite à ne pas s’éloigner du groupe, à soigner ses partenaires, à partager ses munitions et à planifier ensemble la stratégie de jeu ! Un bon (enfin, un mauvais !) exemple dans ce sens est présenté dans la vidéo ci-dessous, « tournée» dans World of Warcraft : une initiative non concertée n’est pas forcément toujours une initiative couronnée de succès…

Sacrifier l’individu (son égo, son envie d’être le héros indiscutable de la situation) au profit d’un esprit d’équipe où une victoire n’a de sens qu’à plusieurs et où les succès comme les échecs sont partagés et assumés en tant que groupe est la base de plusieurs jeux vidéo… et de beaucoup de situations en entreprise, où plusieurs rôles différents se côtoient (ingénieurs, vendeurs, administratifs…), sans que les uns ne puissent avoir de sens sans les autres.

6. La gestion du stress

Personne n’aime le stress, pourtant nous en avons besoin (en médecine on différencie le « mauvais » stress, celui qui nous fait perdre nos moyens, du « bon » stress, qui est notre essence pour avancer). Etre sous tension déclenche des décharges d’adrénaline, qui aiguisent nos sens, nous font sentir vivants et stimulent nos réactions afin de faire face aux défis et dangers de la vie quotidienne. Le jeu vidéo est très souvent truffé de challenges et situations difficiles, complexes, dangereuses. S’entrainer à supporter ces situations, à ne pas paniquer lorsqu’on comprend qu’on est resté sans défenses et à rester concentré et organisé lorsque tout part en live autour de nous peut être un vrai atout lorsqu’une situation critique va se produire en entreprise. Notamment dans des domaines « critiques » comme la Défense ou l’Aéronautique, le fait d’avoir l’habitude à des situations stressantes comme celles de certains jeux vidéos est un réel avantage.

7. La réactivité

La capacité à détecter un changement de situation, petit mais lourd en conséquences, ou à identifier très rapidement un potentiel ennemi sur un écran radar sont très souvent des facteurs déterminants du succès d’une mission. Les joueurs de jeux vidéo sont plus rapides aussi bien en termes de processus cognitifs (analyse du contexte et prise de décision) qu’au niveau des réflexes physiques, ce qui peut avoir un impact dans certains jobs, comme la conduite d’engins.

Réagir c’est bien, réagir vite c’est mieux, réagir plus vite que les autres c’est idéal. Avoir un « temps d’avance » sur les autres car vous êtes à l’affut de la moindre information et que vous avez la capacité à adapter votre stratégie à la vitesse de la lumière face à un problème qui surgit inopinément peut être déterminant sur un projet ou une mission professionnelle. La réactivité permet de limiter les conséquences des problèmes, voire de les anticiper complètement. Si votre deuxième prénom est Réactivité, votre Boss peut dormir sur ses deux oreilles.

Hobby : joueur de jeux vidéo semi-professionnel

Toutes les caractéristiques décrites ci-dessus sont donc profitables à tout employé et hautement recherchées par tout employeur, même si leur « poids » peut varier d’un domaine et d’un métier à l’autre. Selon les métiers, il pourrait y en avoir même d’autres car le jeu vidéo peut stimuler également la créativité, l’empathie, la prise de risque ou encore la dextérité (à ce sujet, un exemple parmi tant d’autres), aspects qui peuvent être des atouts dans certaines disciplines (mais pas dans toutes).

Vous n’avez probablement pas honte d’écrire dans votre CV que vous pratiquez le basket ou le judo à un bon niveau. Et bien, désormais n’ayez pas honte de dire que vous vous livrez à des combats acharnés dans League of Legends ou que vous avez bâti un vrai empire dans Civilisation car les enseignements qu’on en tire sont tout aussi positifs et louables que ceux du Sport !

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Teresa Colombi
Docteur de recherche en psychologie cognitive et eye tracking, Ergonome IHM depuis plus de 12 ans et Cofondatrice de la société LudoTIC. Teresa allie la passion pour la recherche à celle de l’application des connaissances en ergonomie cognitive pour l’optimisation des Interfaces Homme-Machine.
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