Smartphones et nouvelles interactions : fonctionnalités gadgets ou réelle utilité ?

Actuellement, de plus en plus de Français délaissent le téléphone portable classique et préfèrent le smartphone. Le succès de ce dernier tient notamment au tactile, rendant son utilisation fluide, rapide et agréable. Mais désormais, d’autres possibilités existent. On pense évidemment à la reconnaissance vocale, qui bien que née depuis les années 1950 s’est complètement démocratisée grâce aux smartphones. On l’utilise désormais pour écrire des messages, se localiser, chercher des renseignements.

Les constructeurs de smartphones mènent une guerre féroce afin d’être le premier à proposer le modèle le plus innovant. Samsung a ainsi développé dans un de ses smartphones diverses fonctionnalités initiées par la reconnaissance oculaire ou gestuelle. Néanmoins, les premiers retours d’utilisation ont été plutôt mitigés, beaucoup de personnes fustigeant l’utilité même de ses fonctionnalités.

LudoTIC a donc cherché à en savoir plus du côté des utilisateurs de smartphones. Quelles seraient leurs intérêts à utiliser de telles fonctionnalités? Répondent-elles à un besoin ? Et sont-elles vraiment utilisables ? Au final, dans quel contexte et pour quels usages les utilisateurs iraient vers ces nouvelles interactions ?

Le protocole de test

Nous avons décidé de réaliser un test utilisateur sur smartphone en utilisant le dernier né de Samsung, le Galaxy S4. Il s’agissait de l’unique smartphone à l’été 2013 à proposer la reconnaissance tactile, vocale, gestuelle et oculaire.

Les participants

Le Galaxy S4 fonctionnant sous Android, nous avons décidé de restreindre le choix des participants aux tests, aux personnes utilisant un smartphone Android depuis plus de 6 mois afin d’éviter tout blocage lié à l’OS pendant le test. Nous avons aussi vérifié qu’aucun des participants ne possédait déjà le Galaxy S4. Nous avons ainsi recruté un échantillon de 16 personnes.

Usages du smartphone

A l’unanimité, les participants interrogés utilisent leur smartphone pour communiquer (par appels ou des SMS). Néanmoins, un seul participant déclare utiliser son smartphone exclusivement de cette façon. Pour la majorité d’entre eux, le smartphone sert à faire des recherches sur Internet, consulter ses mails ou l’actualité, ou encore passer le temps grâce aux réseaux sociaux et aux jeux.

De même, une seule personne dit utiliser son smartphone moins de 30 minutes par jour. Les quinze autres l’utilisent entre 1 heure et 2 heures dans la journée, en temps cumulé.

Présentation des tâches

Un sondage sur les usages du smartphone nous avait au préalable renseigné sur les habitudes des utilisateurs. A partir des réponses, nous avons défini six tâches à réaliser, correspondant à des actions simples et relativement communes pour des habitués du smartphone.

Chacun des participants a ainsi exécuté :

  • 3 tâches grâce à la reconnaissance tactile
  • 1 tâche grâce à la reconnaissance gestuelle
  • 1 tâche grâce à la reconnaissance vocale
  • 1 tâche grâce à la reconnaissance oculaire

D’un participant à l’autre les modalités des tâches et leurs ordres variaient afin d’éviter tout biais d’apprentissage. Après deux tâches consécutives, les participants devaient répondre à un questionnaire de satisfaction sur la modalité qu’ils venaient de tester.

Les questionnaires

Une unique trame de questionnaire a été élaborée pour connaitre les avis des utilisateurs sur chacune des interactions explorées. Nous avons défini onze items auxquels les participants devaient répondre sur une échelle de 1 à 5, le chiffre 1 signifiant « pas du tout d’accord » et le chiffre 5 « totalement d’accord ».

 

Des systèmes qui obéissent véritablement au doigt, à l’œil et à la voix ?

Une rapidité d’exécution variable

Dans la mesure où il n’était pas demandé dans les consignes d’exécuter la tâche le plus rapidement possible, les temps de réalisation des tâches ne sont pas des données totalement réflectives de la réussite à la tâche, ou de la difficulté qu’il pouvait lui être imputée. En effet, nombre de participants ont commenté longuement les étapes qu’ils réalisaient et les ressentis liés à leur expérience.

Les résultats suivants sont à relativiser et à considérer comme de simples tendances.

 

On observe que le tactile demeure la modalité permettant de réaliser le plus rapidement la tâche. Il y a cependant une exception. Il s’agit de la quatrième tâche, qui consistait à rechercher la météo à Nice, qui a été exécutée plus rapidement grâce à la commande vocale.

Des ressentis bien différents

Les participants avaient pour consigne de donner trois adjectifs qualifiant le mieux selon eux leur expérience des interactions testées. En analysant dans un premier temps la proportion d’adjectifs positifs, négatifs ou neutres, nous obtenons déjà certains résultats.

 

Nous pouvons remarquer que la reconnaissance tactile est la modalité récoltant le plus d’avis positifs (79,17 %). Juste derrière elle, la reconnaissance vocale parait avoir été plutôt bien perçue. La reconnaissance gestuelle a aussi eu des avis majoritairement positifs. Ainsi, seule la reconnaissance oculaire a reçu plus de qualificatifs négatifs (50 %) que positifs (45,83 %).

Des résultats hétéroclites

Nous avons calculé les moyennes des scores obtenus pour chacun des items, en les regroupant par critère.

Le diagramme nous permet de constater au premier coup d’œil que la modalité tactile est celle qui répond le mieux aux attentes de l’utilisateur puisqu’elle recueille un score situé en moyenne entre 4 et 5 sur l’échelle de Likert.

La seconde modalité d’interaction bien placée est la reconnaissance vocale, recueillant des scores situés en moyenne autour de 4. On peut supposer que ces bons retours tiennent au fait que les utilisateurs ont tendance à déjà connaitre ce système, voire l’ont déjà testé sur leurs propres appareils.

On observe un déséquilibre entre les différents critères en ce qui concerne la reconnaissance gestuelle. Globalement les utilisateurs la trouvent plutôt efficace et sont satisfaits mais sont moins convaincus de son intérêt d’utilisation quand on regarde les scores liés à l’acceptabilité et l’utilité. C’est clairement l’efficience qui récolte les moins bons scores pour ce qui est de la rapidité et de la précision du système pour la réalisation d’actions.

Enfin, la modalité qui remporte le moins de suffrages est donc la reconnaissance oculaire qui n’a convaincu pour aucun des critères. Les scores obtenus sont globalement très bas et se situent en moyenne entre 2 et 3 sur l’échelle de Likert.

Des interactions adaptées à tous les profils ?

Le fait d’être gaucher ou droitier, d’être une femme ou un homme ou encore de porter des lunettes joue-t-il sur l’expérience utilisateur ?

L’impact de la latéralité sur la reconnaissance gestuelle

Le capteur gestuel étant situé en haut de l’écran et légèrement à droite, nous avons vérifié si le fait d’être gaucher ou droitier impliquait des différences entre les participants.

Il faut savoir que ces résultats ne sont pas équilibrés dans la mesure où il y avait 2 gauchers pour 14 droitiers parmi les participants. Néanmoins, ce ratio correspond à celui de la population française puisqu’on estime à environ 12% le pourcentage de gauchers en France de nos jours.

D’après les résultats, les différences entre droitiers et gauchers sont particulièrement claires pour l’efficacité. Nous constatons que les utilisateurs gauchers ont ressenti plus de difficultés que les droitiers à prendre en main et à utiliser la reconnaissance gestuelle. Ils jugent ainsi qu’ils ont moins bien réussi les tâches demandées que le reste des participants.

Les résultats sont plus homogènes pour les autres dimensions du questionnaire, bien que les ressentis des gauchers soient à chaque fois légèrement moins bons que ceux des droitiers. Ces derniers ont en effet trouvé la reconnaissance gestuelle plus plaisante et moins fatigante que les participants gauchers. Néanmoins, on constate que les résultats en termes d’acceptabilité sont sensiblement les mêmes.

Dans la mesure où les différences sont principalement liées à la précision et rapidité du système, on peut supposer que cela tient à l’emplacement du capteur qui détecte moins bien les gestes des utilisateurs gauchers.

L’impact du genre sur la reconnaissance vocale

Les hommes et les femmes n’ont pas le même timbre de voix. Cette différence se retrouve-t-elle dans les résultats ?

 

On remarque qu’hommes et femmes n’ont pas apprécié de la même façon leur expérience de la reconnaissance vocale. Alors que les femmes ont des meilleurs résultats en termes d’efficience et d’efficacité, elles trouvent le système moins utile que les hommes. De même, malgré un degré de satisfaction similaire, elles recommanderaient moins que les hommes la reconnaissance vocale, et ne la réutiliserait pas autant.

Globalement, on peut penser que la reconnaissance vocale serait plus utile pour les hommes que pour les femmes, mais moins utilisable pour les hommes que pour les femmes, d’après les réponses des participants au test.

L’impact du port de lentilles ou de lunettes sur la reconnaissance oculaire

Dans la mesure où les utilisateurs testés n’étaient pas tous dans les mêmes conditions, il était intéressant d’en savoir plus. En effet, sur les 16 participants, 4 portaient des lentilles de contact et 5 portaient des lunettes. Il est donc logique de se demander si le fait de porter une correction peut gêner l’interaction.

En reprenant les résultats, nous constatons ainsi quelques différences quant à l’utilisabilité de la reconnaissance oculaire entre les participants.

 

On remarque que les utilisateurs portant des lentilles sont globalement plus satisfaits que ceux n’ayant aucune correction mais que les résultats sont pour autant très proches. Ce n’est pas le cas des porteurs de lunettes qui ont ressenti que la reconnaissance oculaire ne leur permettait pas d’être rapides et précis dans la réalisation de tâche. La différence avec les autres testeurs se traduit dans la réussite à la tâche et dans la facilité à prendre en main puis à utiliser le système, où ils se considèrent moins bons.

Une autre différence flagrante est la satisfaction des participants en termes de fatigue et plaisir. Les porteurs de lunettes ont trouvé la reconnaissance oculaire bien plus fatigante et moins plaisante que ceux n’ayant aucune correction ou des lentilles de contact. Ces éléments sont traduits par le fait qu’ils trouvent le système peu utile pour eux.

Le système de reconnaissance oculaire semble donc être défaillant si l’utilisateur porte des lunettes. On peut supposer que c’est la mauvaise détection des mouvements des yeux de ce dernier qui perturbe la rapidité et la précision du système, rendant l’interaction moins plaisante et plus usante.

En conclusion

Ainsi, la reconnaissance vocale semble être amenée à évoluer et à être de plus utilisée d’après les retours globalement positifs des utilisateurs. Nous avons pu voir que  la reconnaissance gestuelle avait été plutôt appréciée malgré des résultats moyens en termes de précision et de rapidité. Au final, c’est la reconnaissance oculaire qui fait le moins d’adeptes, le système étant trop imprécis et trop fatigant pour l’usage qui en est fait.

Pour un support comme le smartphone, des progrès sont donc encore à faire afin de proposer des fonctionnalités utiles et efficaces pour ses utilisateurs mais surtout adaptées à leur profil.

D’autres variables intéressantes restent à étudier concernant ces possibilités d’interaction. Existe-t-il des différences entre des utilisateurs expérimentés et novices ? La posture ou la luminosité influencent-elles la qualité de l’interaction gestuelle ou oculaire ? Les nouvelles interactions nécessitent-elles plus de ressources physiques ou cognitives que la reconnaissance tactile ?Actuellement, de plus en plus de Français délaissent le téléphone portable classique et préfèrent le smartphone. Le succès de ce dernier tient notamment au tactile, rendant son utilisation fluide, rapide et agréable. Mais désormais, d’autres possibilités existent. On pense évidemment à la reconnaissance vocale, qui bien que née depuis les années 1950 s’est complètement démocratisée grâce aux smartphones. On l’utilise désormais pour écrire des messages, se localiser, chercher des renseignements.

Les constructeurs de smartphones mènent une guerre féroce afin d’être le premier à proposer le modèle le plus innovant. Samsung a ainsi développé dans un de ses smartphones diverses fonctionnalités initiées par la reconnaissance oculaire ou gestuelle. Néanmoins, les premiers retours d’utilisation ont été plutôt mitigés, beaucoup de personnes fustigeant l’utilité même de ses fonctionnalités.

LudoTIC a donc cherché à en savoir plus du côté des utilisateurs de smartphones. Quelles seraient leurs intérêts à utiliser de telles fonctionnalités? Répondent-elles à un besoin ? Et sont-elles vraiment utilisables ? Au final, dans quel contexte et pour quels usages les utilisateurs iraient vers ces nouvelles interactions ?

Le protocole de test

Nous avons décidé de réaliser un test utilisateurs sur smartphone en utilisant le dernier né de Samsung, le Galaxy S4. Il s’agissait de l’unique smartphone à l’été 2013 à proposer la reconnaissance tactile, vocale, gestuelle et oculaire.

Les participants

Le Galaxy S4 fonctionnant sous Android, nous avons décidé de restreindre le choix des participants aux tests, aux personnes utilisant un smartphone Android depuis plus de 6 mois afin d’éviter tout blocage lié à l’OS pendant le test. Nous avons aussi vérifié qu’aucun des participants ne possédait déjà le Galaxy S4. Nous avons ainsi recruté un échantillon de 16 personnes.

Usages du smartphone

A l’unanimité, les participants interrogés utilisent leur smartphone pour communiquer (par appels ou des SMS). Néanmoins, un seul participant déclare utiliser son smartphone exclusivement de cette façon. Pour la majorité d’entre eux, le smartphone sert à faire des recherches sur Internet, consulter ses mails ou l’actualité, ou encore passer le temps grâce aux réseaux sociaux et aux jeux.

De même, une seule personne dit utiliser son smartphone moins de 30 minutes par jour. Les quinze autres l’utilisent entre 1 heure et 2 heures dans la journée, en temps cumulé.

Présentation des tâches

Un sondage sur les usages du smartphone nous avait au préalable renseigné sur les habitudes des utilisateurs. A partir des réponses, nous avons défini six tâches à réaliser, correspondant à des actions simples et relativement communes pour des habitués du smartphone.

Chacun des participants a ainsi exécuté :

  • 3 tâches grâce à la reconnaissance tactile
  • 1 tâche grâce à la reconnaissance gestuelle
  • 1 tâche grâce à la reconnaissance vocale
  • 1 tâche grâce à la reconnaissance oculaire

D’un participant à l’autre les modalités des tâches et leurs ordres variaient afin d’éviter tout biais d’apprentissage. Après deux tâches consécutives, les participants devaient répondre à un questionnaire de satisfaction sur la modalité qu’ils venaient de tester.

Les questionnaires

Une unique trame de questionnaire a été élaborée pour connaitre les avis des utilisateurs sur chacune des interactions explorées. Nous avons défini onze items auxquels les participants devaient répondre sur une échelle de 1 à 5, le chiffre 1 signifiant « pas du tout d’accord » et le chiffre 5 « totalement d’accord ».

 

Des systèmes qui obéissent véritablement au doigt, à l’œil et à la voix ?

Une rapidité d’exécution variable

Dans la mesure où il n’était pas demandé dans les consignes d’exécuter la tâche le plus rapidement possible, les temps de réalisation des tâches ne sont pas des données totalement réflectives de la réussite à la tâche, ou de la difficulté qu’il pouvait lui être imputée. En effet, nombre de participants ont commenté longuement les étapes qu’ils réalisaient et les ressentis liés à leur expérience.

Les résultats suivants sont à relativiser et à considérer comme de simples tendances.

 

On observe que le tactile demeure la modalité permettant de réaliser le plus rapidement la tâche. Il y a cependant une exception. Il s’agit de la quatrième tâche, qui consistait à rechercher la météo à Nice, qui a été exécutée plus rapidement grâce à la commande vocale.

Des ressentis bien différents

Les participants avaient pour consigne de donner trois adjectifs qualifiant le mieux selon eux leur expérience des interactions testées. En analysant dans un premier temps la proportion d’adjectifs positifs, négatifs ou neutres, nous obtenons déjà certains résultats.

 

Nous pouvons remarquer que la reconnaissance tactile est la modalité récoltant le plus d’avis positifs (79,17 %). Juste derrière elle, la reconnaissance vocale parait avoir été plutôt bien perçue. La reconnaissance gestuelle a aussi eu des avis majoritairement positifs. Ainsi, seule la reconnaissance oculaire a reçu plus de qualificatifs négatifs (50 %) que positifs (45,83 %).

Des résultats hétéroclites

Nous avons calculé les moyennes des scores obtenus pour chacun des items, en les regroupant par critère.

Le diagramme nous permet de constater au premier coup d’œil que la modalité tactile est celle qui répond le mieux aux attentes de l’utilisateur puisqu’elle recueille un score situé en moyenne entre 4 et 5 sur l’échelle de Likert.

La seconde modalité d’interaction bien placée est la reconnaissance vocale, recueillant des scores situés en moyenne autour de 4. On peut supposer que ces bons retours tiennent au fait que les utilisateurs ont tendance à déjà connaitre ce système, voire l’ont déjà testé sur leurs propres appareils.

On observe un déséquilibre entre les différents critères en ce qui concerne la reconnaissance gestuelle. Globalement les utilisateurs la trouvent plutôt efficace et sont satisfaits mais sont moins convaincus de son intérêt d’utilisation quand on regarde les scores liés à l’acceptabilité et l’utilité. C’est clairement l’efficience qui récolte les moins bons scores pour ce qui est de la rapidité et de la précision du système pour la réalisation d’actions.

Enfin, la modalité qui remporte le moins de suffrages est donc la reconnaissance oculaire qui n’a convaincu pour aucun des critères. Les scores obtenus sont globalement très bas et se situent en moyenne entre 2 et 3 sur l’échelle de Likert.

Des interactions adaptées à tous les profils ?

Le fait d’être gaucher ou droitier, d’être une femme ou un homme ou encore de porter des lunettes joue-t-il sur l’expérience utilisateur ?

L’impact de la latéralité sur la reconnaissance gestuelle

Le capteur gestuel étant situé en haut de l’écran et légèrement à droite, nous avons vérifié si le fait d’être gaucher ou droitier impliquait des différences entre les participants.

Il faut savoir que ces résultats ne sont pas équilibrés dans la mesure où il y avait 2 gauchers pour 14 droitiers parmi les participants. Néanmoins, ce ratio correspond à celui de la population française puisqu’on estime à environ 12% le pourcentage de gauchers en France de nos jours.

D’après les résultats, les différences entre droitiers et gauchers sont particulièrement claires pour l’efficacité. Nous constatons que les utilisateurs gauchers ont ressenti plus de difficultés que les droitiers à prendre en main et à utiliser la reconnaissance gestuelle. Ils jugent ainsi qu’ils ont moins bien réussi les tâches demandées que le reste des participants.

Les résultats sont plus homogènes pour les autres dimensions du questionnaire, bien que les ressentis des gauchers soient à chaque fois légèrement moins bons que ceux des droitiers. Ces derniers ont en effet trouvé la reconnaissance gestuelle plus plaisante et moins fatigante que les participants gauchers. Néanmoins, on constate que les résultats en termes d’acceptabilité sont sensiblement les mêmes.

Dans la mesure où les différences sont principalement liées à la précision et rapidité du système, on peut supposer que cela tient à l’emplacement du capteur qui détecte moins bien les gestes des utilisateurs gauchers.

L’impact du genre sur la reconnaissance vocale

Les hommes et les femmes n’ont pas le même timbre de voix. Cette différence se retrouve-t-elle dans les résultats ?

 

On remarque qu’hommes et femmes n’ont pas apprécié de la même façon leur expérience de la reconnaissance vocale. Alors que les femmes ont des meilleurs résultats en termes d’efficience et d’efficacité, elles trouvent le système moins utile que les hommes. De même, malgré un degré de satisfaction similaire, elles recommanderaient moins que les hommes la reconnaissance vocale, et ne la réutiliserait pas autant.

Globalement, on peut penser que la reconnaissance vocale serait plus utile pour les hommes que pour les femmes, mais moins utilisable pour les hommes que pour les femmes, d’après les réponses des participants au test.

L’impact du port de lentilles ou de lunettes sur la reconnaissance oculaire

Dans la mesure où les utilisateurs testés n’étaient pas tous dans les mêmes conditions, il était intéressant d’en savoir plus. En effet, sur les 16 participants, 4 portaient des lentilles de contact et 5 portaient des lunettes. Il est donc logique de se demander si le fait de porter une correction peut gêner l’interaction.

En reprenant les résultats, nous constatons ainsi quelques différences quant à l’utilisabilité de la reconnaissance oculaire entre les participants.

 

On remarque que les utilisateurs portant des lentilles sont globalement plus satisfaits que ceux n’ayant aucune correction mais que les résultats sont pour autant très proches. Ce n’est pas le cas des porteurs de lunettes qui ont ressenti que la reconnaissance oculaire ne leur permettait pas d’être rapides et précis dans la réalisation de tâche. La différence avec les autres testeurs se traduit dans la réussite à la tâche et dans la facilité à prendre en main puis à utiliser le système, où ils se considèrent moins bons.

Une autre différence flagrante est la satisfaction des participants en termes de fatigue et plaisir. Les porteurs de lunettes ont trouvé la reconnaissance oculaire bien plus fatigante et moins plaisante que ceux n’ayant aucune correction ou des lentilles de contact. Ces éléments sont traduits par le fait qu’ils trouvent le système peu utile pour eux.

Le système de reconnaissance oculaire semble donc être défaillant si l’utilisateur porte des lunettes. On peut supposer que c’est la mauvaise détection des mouvements des yeux de ce dernier qui perturbe la rapidité et la précision du système, rendant l’interaction moins plaisante et plus usante.

En conclusion

Ainsi, la reconnaissance vocale semble être amenée à évoluer et à être de plus utilisée d’après les retours globalement positifs des utilisateurs. Nous avons pu voir que  la reconnaissance gestuelle avait été plutôt appréciée malgré des résultats moyens en termes de précision et de rapidité. Au final, c’est la reconnaissance oculaire qui fait le moins d’adeptes, le système étant trop imprécis et trop fatigant pour l’usage qui en est fait.

Pour un support comme le smartphone, des progrès sont donc encore à faire afin de proposer des fonctionnalités utiles et efficaces pour ses utilisateurs mais surtout adaptées à leur profil.

D’autres variables intéressantes restent à étudier concernant ces possibilités d’interaction. Existe-t-il des différences entre des utilisateurs expérimentés et novices ? La posture ou la luminosité influencent-elles la qualité de l’interaction gestuelle ou oculaire ? Les nouvelles interactions nécessitent-elles plus de ressources physiques ou cognitives que la reconnaissance tactile ?